Fabien Lorc'h est comme Obélix, il est tombé dans l'écriture lorsqu'il était petit. Est-ce le fait d'être fils unique et de n'avoir donc comme compagnon de voyage que son imagination et ses rêveries ? Toujours est-il qu’il créait. Alors certes au départ ce ne sont que des histoires sans fin issue de l'imagination fertile d'un enfant. Mais très vite les histoires prennent forme. Au départ elles ne servent qu'à inspirer des travaux d'écoliers qui souvent débordent du cadre demandé. On sent bien que rien n'est vraiment structuré, que le tout n'est qu'un bouillon ou l'on a tout mis à la hâte sans vraiment s'inquiéter du goût que l'ensemble pourrait avoir. Et puis les vrais écrits commencent. D'abord sur papier comme le fut les aventures de Phil Bristing sorte de Sherlock Holmes des temps modernes et père de famille, qui n'aboutirent jamais. Mais très vite il se rend compte du défaut de cette façon de rédiger. En effet il ne possède ni les traits ni les pleins qu'il faut et il est l'un des seuls à pouvoir se relire.
Certes d'un certain coté cela peut-être pratique. Mais il ne veut qu'une chose faire partager son travail. Alors après une énième tentative de faire les aventures de Phil Bristing sur le support numérique, Fabien abandonne pour un temps l'écriture. Mais le créatif ne l'a pas abandonné. Il lit beaucoup, imagine, pense, réfléchit. Tout reste encore désordonné dans son esprit mais peu importe. Le parcours scolaire l'emportant le coté de ce que certains arrogants appelleraient écrivain est un peu délaissé. Et puis ce fut la révélation.
Il découvre en effet à une époque un site Internet qui lui permet d'exprimer ses émotions: Le Village. Il l'a découvert à une époque où il était encore publié sous le format papier et puis petit à petit il s'est intéressé à sa version en ligne. Au départ il ne fit que consulter le forum (http://forums.levillage.org/index.php) lié au site. Et puis il produisit quelques articles de ci de là. Le premier fut en référence à un de ses sites Internet, Terre Liberté, mais les suivants furent dans la continuité de sa façon de faire, touchant à des domaines variés et totalement dépourvu de réelle cohésion (à voir l'ensemble des articles). Oeuvrant sous le pseudonyme de Hio-Tin-Vho il semble surfer sans vraiment toucher. Toujours à l'affût des gens mais sans vraiment s'impliquer, il picore dans les cultures et les civilisations sans pour autant se reconnaître de l'une ou l'autre. Et puis vint là première oeuvre.
Fabien avait déjà tenté de rédiger plusieurs autres livres avant et après Phil Bristing mais aucune n'aboutirent. Même s'il continu à croire qu'il arrivera un jour à les terminer car pour une fois il s'y entête. Car en effet comme nous l'avons vu précédemment le problème n'est nullement la production en elle-même. Loin de s'en flatter Fabien ne subit pas vraiment le syndrome de la page blanche. Peut-être parce que d'est qu'une idée arrive il écrit dessus sans se soucier de la suite des événement. Non en fait la difficulté est dans l'achèvement de ce qu'il lancé. Mis à Part Visions Chaotiques rien de ce que certains appellent pompeusement des oeuvres n'a eu de fin voir de milieu. C'est un peu comme un train qui après avoir quitter à toute vitesse la gare s'arrêterait en plein milieu du chemin, faute non pas de carburant mais d'envie d'avancer. Mais alors quelle est la différence avec Visions Chaotiques? Le public!
Car quoi de plus grisant que de montrer aux autres de quoi nous sommes capables me direz vous et vous n'aurez certainement pas tort. Mais il y a aussi un certain coté d'engagement face à lui. Vu que Fabien fit partager à un auditoire de plus en plus large l'envie d'écrire une telle pièce, le nombre des gens qui lui rappelait cette ambition allait en grandissant. Il fallait terminer ce que l'on s'était engagé à faire.
L'idée était ici d'offrir toute la pleine mesure, la pleine liberté aux personnages et surtout à leurs sentiments. Quoi de mieux qu'un espace déterminé pour cela? Alors c'était décidé ce serait un huis clos. Où? Le temps viendrait d'y penser. Marqué par les stéréotypes et les a priori que versaient les gens sur les autres, il savait qu’il devait se fier à cette question. Mais comment faire? Qui mieux que celui qui construit un bâtiment sait le détruire? Ainsi ses personnages devaient se voir bourrer de stéréotypes, d'éléments et notions préconçues à leur sujet (voir les fiches des personnages ) Puis ils évolueraient pour prouver leur vraie nature. De nombreux auteurs cherchent des terrains inconnus afin de travailler sur de nouveaux domaines et ne pas se répéter. C'est pourquoi certains se tournent vers le mystique, la science-fiction ou l'héroïc fantasy. Ce que d'ailleurs Fabien fit lui aussi en engageant Infernos Combus (Le cycle des conquérants) et Le long de la chair rose, encore inachevés. Mais ici il fallait surprendre. Quoi de mieux alors d'user pour cela d'un terrain connu? Nombreux scénaristes, écrivains, réalisateurs, nouvellistes, chanteur parfois on utiliser une scène devenue à présent archi-classique. Une banque, des braqueurs, un braquage qui se termine en prise d'otage. Mais lorsque les cartes sont cornées et qu'aucun des joueurs ne sait vraiment ce que veut les autres alors c'est là que cela devient intéressant.
Il est un règle d'or pour lui et qui s'applique en priorité dans cette oeuvre c'est que toujours le lecteur comprenne ce qu'il veut. Explication. Il fallait qu'en lisant le lecteur soit toujours sûr de ce qu'il lisait mais qu'à chaque fois il descende de plus en plus sur un terrain qui ne cessait d'être incertain, sans même qu'il s'en rende compte. Est-ce là l'une des applications de ses lectures de polar? Peut-être qui sait? En tout cas il fallait qu'à chaque fois que le lecteur pense avoir compris on lui démontre que non. Le lecteur était un acteur de la scène
Car il est important de le rappeller il s'agit ici d'un pièce de théâtre. Cela offre tout d'abord une certaine liberté dans l'imagination car tout est d'autant plus épuré. En effet pour l'auteur il ne fallait surtout pas trop développer les didascalies et laisser ce type d'annotations à un certain caractère anodin. Ensuite il est important de relever que du théâtre ne se lit pas ou en en tout cas il ne fait pas que se lire: il se joue. On ne pouvait donc dégager l'essentiel du texte rien qu'en lisant in extenso. Malgré tout le faire lire permettait aussi de pouvoir juger, les tournures, les expressions, la langue utilisée.
En parlant de langue il était aussi important de savoir s'introduire dans la langue de tout les jours. Et cela est beaucoup plus difficile qu'il n'y paraît. Le ton soutenu et la langue française classique est celle enseignée dans les écoles, universités, lycées ou collège, mais personne n'enseigne la façon de parler de tout les jours. Et puis de nombreuses strates et variantes traversent la langue moderne. Entre argot, verlan, insultes ou gros mots il est difficile de vraiment se placer. Car la façon de s'exprimer est parfois plus importante que ce que l'on exprime en lui-même.
Voilà une petite présentation rapide et une explication de la volonté de l'auteur. Maintenant il ne tient qu'à vous de lire le texte en question et même d'y participer à loisir. Bien à vous!